BatHium: les super batteries de Boucherville

Félicitation à l’équipe BatHium de Boucherville!

Jean-Luc Monfort, directeur général de BatHium Canada, assis sur l’une des batteries que la PME de Boucherville fabrique et pour laquelle elle vient d’investir 176 millions. Cette batterie propulsera entre 3000 et 5000 voitures électriques dans la région parisienne.

Publié le 20 septembre 2011 à 10h38 | Mis à jour à 10h38

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eJean-Luc Monfort, directeur général de BatHium Canada, assis... (Photo Stéphane Champagne, collaboration spéciale)

Jean-Luc Monfort, directeur général de BatHium Canada, assis sur l’une des batteries que la PME de Boucherville fabrique et pour laquelle elle vient d’investir 176 millions. Cette batterie propulsera entre 3000 et 5000 voitures électriques dans la région parisienne.

C’est connu: les Européens sont en avance sur nous en matière de transports alternatifs. D’ici la fin de l’année, les Parisiens auront accès à des bornes libre-service de location de voitures électriques. Bref, l’équivalent du BIXI, mais en version quatre roues.

Ce type de voiture électrique, la Bluecar, sera propulsé par une super batterie fabriquée à Boucherville par l’entreprise BatHium Canada. Celle-ci vient d’investir 176 millions dans ses installations et compte créer 245 nouveaux emplois.

Objectif de cet investissement: faire passer la production de batteries rechargeables au lithium de 500 à 15 000 unités annuellement.

«L’argent servira surtout à agrandir nos installations et à acheter de l’équipement de production. Sur les 245 nouveaux emplois, nous en avons déjà créé 70 depuis le printemps», explique Jean-Luc Monfort, directeur général.

 Dans la foulée, la PME vient de mettre la main sur une entreprise voisine. Elle compte y emménager à court terme.

BatHium comptait déjà deux usines totalisant 24 000 mètres carrés. Elle occupera dorénavant tout un quadrilatère de la zone industrielle de Boucherville.

Recrutement de main-d’oeuvre

Malgré ces bonnes nouvelles, Jean-Luc Monfort reconnaît que le recrutement de main-d’oeuvre est plus ardu que prévu.

«Ça va pour les ingénieurs. Mais trouver des opérateurs de machine, ce n’est pas évident. Notre objectif est d’être opérationnel 24 heures sur 24, sept jours sur sept», dit ce Breton d’origine.

Le manufacturier de Boucherville, fondé en 2007, est une filiale du Groupe Bolloré, un géant français qui figure sur le palmarès Fortune 500 avec des revenus de 7,5 milliards d’euros.

Son grand patron, Vincent Bolloré, a investi quelque 2 milliards d’euros dans la filière des voitures électriques depuis 20 ans.

C’est d’ailleurs Bolloré qui a pour mandat de mettre en place le programme de location (baptisé Autolib) de la Bluecar en France.

D’ici 10 ans, le holding français construira, selon les plans du carrossier italien Pininfarina (Ferrari, Maseratti, etc.), et mettra en location entre 3000 et 5000 voitures électriques dans la grande région parisienne. Une manne pour BatHium qui en profitera pour investir en R&D dans ce marché en croissance que sont les véhicules électriques.

Batteries rechargeables

La batterie de la PME porte le nom de LMP (lithium-métal-polymère). Certaines de ses composantes ont été brevetées par Hydro-Québec. Développant 30 kw/h d’énergie, elle offre une autonomie variant entre 250 et 300 km.

Ce qui en fait l’une des batteries rechargeables les plus performantes destinées aux voitures électriques. La LMP pèse 300 kg et sa taille est comparable au matelas d’un lit d’enfant (bassinette).

Sur les 276 millions investis à Boucherville, 16 millions proviennent du gouvernement du Québec. La balance résiduelle est un investissement privé du Groupe Bolloré.

Ironiquement, ce n’est pas demain que la batterie LMP sera utilisée au Québec. Du moins, pas à court terme. Comme quoi, nul n’est prophète en son pays.